Le début du XVIe siècle vit l’installation de six fontaines dans la cité de Tours. Elles s’inscrivaient dans un vaste mouvement progressiste et dans une volonté d’amélioration de la salubrité publique. Pour ce faire, la municipalité décida de capter les eaux des fontaines de Saint-Avertin et de les apporter dans la cité intra-muros. Le projet fut confié au fontainier Pierre de Valence. Les travaux démarrèrent à la fin de l’année 1506 pour une durée de 4 ans. Les deux premières années, 1507 et 1508, furent consacrées à aller chercher l’eau dans les nappes et à construire des réservoirs pour la recevoir.
L’année suivante, il fallut installer les tuyaux pour transporter l’eau depuis les sources jusqu’à la ville. L’acheminement de l’eau demanda de traverser la varenne de Tours et de passer sous le Cher. Un réservoir principal fut installé à la porte Saint-Étienne destiné à stocker les eaux avant leur redistribution dans les fontaines de la ville. Une fontaine fut installée place Saint-Étienne à cette occasion en 1509. Les années 1510 et 1511 virent la construction de trois fontaines, une au carroi de Beaune, une autre à la place Foire-le-Roi et la dernière à l’entrée de l’impasse Saint-Hilaire. Les deux dernières, légèrement plus tardives, furent installées place du Grand-Marché et au carroi Saint-Martin.
Entre la construction des canalisations, des réservoirs et des fontaines, la vaste entreprise municipale d’adduction d’eau demanda 10 années à la municipalité tourangelle. Patronnés par Jacques de Beaune et Henri Bohier, commissaires pour la distribution des eaux de Saint-Avertin [Grandmaison, 1870, p. 144], les travaux coutèrent 17295 livres et 16 sous [Grandmaison, 1871, p. 144].
L’infrastructure, de qualité, continua à alimenter la ville en eau jusque dans la première moitié du XIXe siècle. Belle-Fontaine, réservoir situé au revers de la Porte neuve (Place Franois Sicard), qui accueillait les eaux dans la ville et assurait la redistribution de l’eau, est encore indiqué sur le plan d’allignement des rues en 1815. Après la démolition du portail de l’ancienne Chancellerie en 1829, et la démolition de la rue des Couteliers, elle est déplacée puis détruite en 1855 [Gasse, 1915, p. 156-158]..
À partir de 1865, une nouvelle source fut choisie, celle des eaux du Cher, rendant obsolète l’installation de Saint-Avertin [Gasse, 1915, p. 156-158].
Bibliographie
Gasse Paul, « Quelques notes relatives au réservoir des eaux de Saint-Avertin dit la Belle Fontaine située devant l’église Saint-Étienne, place de l’Archevêché », dans Bulletin de la Société archéologique de Touraine, 1915, p. 154-159.
Grandmaison Charles-Louis, Documents inédits pour servir à l’histoire des arts en Touraine, Paris, Dumoulin, 1870.